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Histoire
Origine
Au
siècle passé, alors que la Maison de Dieu de Mouscron
était tenue par les chères sœurs de la congrégation des
Sœurs de la Charité de Roulers, la commune leur confia
l’éducation des orphelins. Mère Regina - la Bien
Heureuse–mère supérieure depuis le 19 mars 1863 jusqu’au
23 juillet 1914, souhaitait une école de bonne éducation
pour les petits pupilles. Encouragée et stimulée par
monsieur Gustave Antonius Bossut, directeur des Dames de
Marie, mère Regina demanda et reçue la permission
d’entreprendre les travaux nécessaires à la tâche
nouvellement confiée.
Malade mais se confiant à Dieu, mère Regina obtenait
l’indépendance de la commune et fondait enfin un
orphelinat pour filles.
Pourtant, ce n’était pas une mince affaire ? On devait
trouver les moyens financiers pour subvenir aux travaux
de transformation nécessaires. En ces temps, on pouvait
compter sur l’altruisme des citoyens et des dons
importants furent récoltés auprès des nobles de
Tourcoing, Roubaix et Lille. Les mouscronnois aussi
voulaient apporter leur soutien à cette œuvre de
bienfaisance.
Construction de l'orphelinat.
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Dès lors, on se mit à chercher l’endroit propice à la
construction. –On construisait d’ailleurs beaucoup de
château en l’air ! - La propriété des Sœurs
Franciscaines rue du Luxembourg fut pressentie mais se
révéla trop petite. Une autre propriété près du
cimetière sur un grand terrain fut jugée trop éloignée
du centre. Finalement, c’est en plein centre que Dieu
guida les pas des sœurs, au Petit Château de la rue des
moulins. Il fut acheté en 1895 par madame Maroy-Bossut,
avec le terrain à bâtir.
La même année, on posa les fondations et en 1896, le
bâtiment était achevé. Une des sœurs les plus anciennes,
en découvrant pour la première fois le bâtiment neuf
s’écria « Mon Dieu, regardez ce bâtiment, il semble
monter au ciel. » Il faut savoir que l’emplacement est
un point culminant de Mouscron et que, vu qu’à l’époque
peu de constructions existaient, on pouvait le voir de
loin. Ce qui n’est plus le cas actuellement. Toujours
est-il que ce jour-là, sur le train de Roulers à
Mouscron, en arrivant de Courtrai, on découvrait le long
et haut bâtiment dans toute sa splendeur.
La maison des orphelines.
La
maison des orphelines, longue de 35 mètres et large de 9
était bâtie sur de grande cave qui se révélèrent d’autre
part fort utiles pendant les deux guerres car pourvues
de 2 voire 3 entrées de chaque côté. Le rez-de-chaussée
était partagé en trois salles. La première servait au
travail, la seconde de réfectoire et la troisième était
la chapelle. Les premiers et second étages étaient
réservés aux dortoirs, salles de bains, d’habillement et
chambre de linge. Le tout chapeauté d’un très grand
grenier. Une cour de récréation longeait le bâtiment. Ce
n’est que quelques années plus tard qu’elle fut agrandie
et carrelée.
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C’était une demeure très agréable pour les enfants
éprouvés car dès la sortie des bâtiments, ils avaient
vue sur un parc magnifique très accueillant. Les
internes de l’époque prenaient grand plaisir à se
promener à travers les bonnes odeurs des arbres, plantes
et fleurs et y respiraient à pleins poumons. Un tout
petit jardin potager subvint, mais quelques années
seulement, aux besoins en légumes.
Un morceau de la propriété long de 80 mètres et large de
13 fut vendu. Il donnait à la fois sur la rue des
moulins et sur la rue du val. Jardin et potager avait
autrefois une assez bonne clôture qu’on remplaça
toutefois par un mur.
Trente
quatre filles abandonnées vinrent de la Maison de Dieu à
la propriété de la rue des Moulins. Elles étaient
remplies de joies d’habiter une si belle propriété. Tout
y était neuf. Aussi, c’est de leurs mains et avec l’aide
de leurs chères enseignantes qu’elles confectionnèrent
le linge de maison, d’habillement, les nappes jusqu’aux
tapis rouges du parloir. Elles étaient fières de leur
travail et elles le pouvaient.
C’est
mère Ignatia qui fut nommée supérieure le 19 mai 1897 ;
elle apparaissait être faite pour s’occuper de cette
tâche. Elle quittait donc la maison mère de Roulers mais
aussi de nombreux malades et orphelines qu’elle avait
soignés avec amour et courage. D’autres sœurs l’aidèrent
dans sa fonction: sœur Pauline de la maison du Bon Dieu
qui aussi longtemps qu’elle vécut fut le bras droit de
la mère supérieure, la chère sœur Febronie, mère Irena
et encore d’autres sœurs venues de la Maison de Dieu.
Inauguration.
Dès le lendemain, le 20 mai (le mois de la vierge Marie)
la maison des orphelines fut bénie. La messe solennelle
fut célébrée par monsieur Gustave Bossut. Etaient
présents monsieur Auguste Vanzielegem, le directeur des
écoles communales et monsieur Mullier et bien d’autres
encore.
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La description suivante permet de donner une idée de la
fête solennelle du 20 mai. La chapelle était séparée du
reste du rez-de-chaussée par une simple cloison en bois.
Tout fut ouvert, jusqu’à la salle de jeu. Ce qui faisait
une très grande salle et elle était pleine de monde.
Après la messe, dans le couvent, on servit un déjeuner à
la fourchette et le lendemain, on se rendit en
pèlerinage à la chapelle de la Sainte Vierge de la
Marlière afin de quémander bénédiction et protection
pour les membres de la congrégation et ses bienfaiteurs.
La nouvelle chapelle.
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Sûres de leurs tâches et responsabilités, toujours
d’égale humeur les sœurs s’occupaient de tout. Chaque
jour, il manquait l’une ou l’autre chose mais mère
Ignatia dotée d’une forte dose d’humour trouvait
solution à tout et emportait sa petite communauté à
travers difficultés et épreuves.
Le nombre d’enfants augmentait régulièrement et le
premier septembre 1900, notre bonne sœur Lucrena
arrivait pour s’occuper de la cuisine. C’était un cordon
bleu et elle pouvait faire sien le dicton « Bona culina,
bona disciplina ! » Elle se donna totalement.
Les années passèrent et au début du siècle, on prit la
décision de construire une nouvelle chapelle. La
première pierre fut posée le 30 août 1901 et l’été
suivant, elle était achevée. Sa bénédiction eut lieu le
13 décembre et le lendemain, monsieur Vanzielegem y pria
la première messe.
Différentes évolutions.
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Dans le début de l’année 1903, on ouvrit encore 2
classes pour adultes. Les filles au-dessus de 14 ans
avaient l’occasion de s’y perfectionner car elles
restaient à l’internat jusqu’à l’âge de 20-21 ans. Ces
classes existaient encore après la guerre 14-18 mais le
nombre de grands élèves diminuant, elles finirent par
fermer.
A partir de novembre 1903, l’autorisation fut donnée
d’ouvrir 2 classes primaires. On les installa à
l’emplacement de l’ancienne chapelle.
En décembre 1903, un autel tout neuf et un banc de
communion sont placés, don de madame Delepaux Cardon de
Lille.
Le 8 décembre 1910, 65 petites filles du couvent
faisaient, pendant la sainte messe célébrée par monsieur
le curé Dehulster, leur première communion.
C’est en 1911 que messieurs Ernest et Oscar Cracco
entreprirent de peindre la voûte de la chapelle. Même si
actuellement la chapelle est devenue une salle de
gymnastique, on peut encore admirer le remarquable
travail effectué.
Le nombre de pensionnaires grimpe encore et c’est ainsi
qu’on dénombre 55 élèves pour les deux petites classes
et 68 élèves pour les autres en l’année scolaire
1910-1911. Les classes étaient la moitié trop petites et
les élèves se serraient comme des sardines. La chère
sœur Eleonara, malgré son grand âge entrepris alors
d’enseigner avec talent la lecture et l’écriture dans la
salle de … jeux en attendant l’ouverture d’une troisième
classe.
En 1913, on entreprit de bâtir un nouveau bâtiment
attenant au premier. Un escalier, la cave et le grenier
assuraient la liaison entre le nouveau et l’ancien
bâtiment. Il contenait une classe ménagère avec une
place à part pour la lessive, une citerne, 4 locaux de
classe, une salle lavabo et un dortoir.

L’année suivante, la guerre éclatait et les élèves
françaises rentrèrent chez elles. Seules restaient les
95 orphelines qui n’occupaient plus guère que 2 classes.
C’est après la guerre, en 1919, qu’on ouvrit cette
troisième classe tant attendue avec la chère sœur Blanca
comme titulaire.
A l’époque, les familles ne donnaient aucun signe de vie
jusqu’à ce que leur fille eut atteint l’âge de 13 ans.
On les envoyait chercher alors pour les faire travailler
dans les usines en France. D’autres filles étaient
placées par la mère supérieure dans de bonnes maisons
comme servantes.
Origine de l'école.
L’ouverture des classes pour externes date de la
première guerre.
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La commune n’envoyant plus d’orphelines, le nombre de
filles baissa. Mais, pendant et après la guerre, des
voisins insistaient pour que l’orphelinat accepte leur
enfant. Les sœurs n’en avaient pas le droit mais en ces
temps de misères…D’autre part, l’évêque veillait à
empêcher les enfants de grossir les rangs de l’école
communale. La misère des voisins et la petite guerre
scolaire de l’évêque débouchèrent sur la création à
l’orphelinat d’une véritable école primaire suivie
quelques années plus tard d’une école gardienne.
Après la guerre 14-18, l’école accueillit plus d’enfants
belges que de français. Il s’agissait surtout d’enfants
de cultivateurs de communes plus ou moins détruites
entre autres Geluwe, Dadizele, Passendaele… Ayant fuit
devant le feu de guerre, elles espéraient, maintenant,
retrouver avec hâte un morceau de terre. Ces familles
étaient heureuses de confier leurs enfants à l’internat.
En 1921, la propriété est agrandie par l’annexion de la
maison de madame Maraf.
En 1931-1932, l’ancien bâtiment est modernisé. On y
installe l’eau courante et le chauffage central. 5
belles classes sont aménagées. Trois à l’étage avec
accès par un large couloir et un bel escalier et deux
classes au rez-de-chaussée suivies d’une salle de jeux
bien séparée, une petite salle à manger qui doit servir
de vestiaire et un bureau pour la sœur directrice sans
classe (sœur Amelberga).
En septembre 1934, s’ouvre une section coupe et couture
sous la houlette de sœur Eustochia et sœur Martina.
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En 1935, la mère directrice Auréa est nommée directrice
du Sacré-Cœur de Mouscron.
Depuis, le nombre d’élèves n’a cessé d’augmenter.
Régulièrement, on aménagera les bâtiments pour créer de
nouvelles classes. En plus d’une section ménagère, on
donnera à l’école des cours de piano dès 1942 ( par
mademoiselle Madeleine Vandenweghe), des cours de
sténodactylo…
Actuellement, l’école compte plus de trois cents élèves
en maternelle, 500 en primaire et 300 en secondaire pour
les deux années du degré inférieur.
La petite graine plantée en 1895 par la congrégation des
sœurs de la charité de Roulers a bien poussé.
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